Episode 5 : Nid perché.

Afin de changer de continent et de nous envoler pour l’Equateur, nous devons rejoindre la métropole et passer par Madrid. Nous avons donc retrouvé un Paris agité par l’anxiété générale. Où la misère humaine se croise à tous les coins de rue, la ville nous a semblé plus agressive que lorsque nous l’avions laissé. Est-ce une illusion créée par le contraste avec un voyage doux et apaisant sur une île ? Ou est-ce Paris, porte-parole d’une France qui va mal ? Alors que le couvre-feu est de mise chez les parisiens, nous enfreignons les lois pour s’accorder un peu de réconfort et de rhum « cahuète » chez Alissandre et Jean.


Le lendemain, l’aéroport de Madrid et ses mesures sanitaires nous obligent à prendre les transports pour s’en extraire et partager une tortilla et une cerveza avec notre ami Manolito.


Plutôt déphasés, nous arrivons à Quito, capitale de l’Equateur située à 2850m d’altitude. Paysages andins aux altitudes incroyables, constructions approximatives aux abords de la ville, musique latina à fond dans les tiendas, on est bien en Amérique du Sud.

Nos premiers pas dans le centre historique nous donnent envie de tout voir, tout goûter, tout vivre et mieux comprendre : les odeurs de nourriture, les couleurs des bâtiments, les montagnes qui encerclent la ville, les racoleurs des restaurants, les mouvements de la foule, les habitudes des gens…



Pour ce premier pays du sud visité après la crise du Covid 19, nous sommes assez surpris par à la fois la douceur ambiante et par la pauvreté apparente. On ressent la ville comme sonnée par un coup important. Chacun se relève doucement et court vers une direction peu claire, la subsistance. Les gens dans les rues vendent ce que le hasard ou le destin leur offre : pince à linge, barre de chocolat unitaire, sucette, vêtement, rasoir jetable…Chaque centime de Dollars récolté permettra le ralentissement de la propagation de l’onde de choc produite par la crise sanitaire et systémique actuelle.


Nous passons nos premières nuits dans la capitale au Secret Garden, véritable labyrinthe de coins chill répartis sur plusieurs niveaux et demi-étages. Le rooftop est parfait et, allongés sur le filet donnant sur la ville, nous vivons notre période d’acclimatation entre calme, rencontres et très vite, agitation.


Perturbés par le décalage horaire de 7h et fatigués après 27h de vol en 72h, nous avions besoin de calme et d’un peu de repos. Nos journées furent rythmées par des promenades courtes dans Quito, souvent à la recherche d’un almuerzo, de travail sur le blog depuis la chambre ou la terrasse, de re-découverte de l’espagnol et de rencontres. Ce calme accordé nous a permis de vivre au rythme des locaux, allant au parc le dimanche après-midi comme le font les familles, sans se ruer sur « les incontournables pour 4 jours à Quito ».

Au Secret Garden, rempli à 10% de sa capacité d’accueil, nous faisons la rencontre des autres voyageurs : des français en majeure partie mais aussi des anglais, des brésiliens, des vénézuéliens. Certains en tour du monde, certains en transit, dans l’attente de rejoindre un autre pays, certains en fuite de leur terre natale… C’est le cas de ce jeune qui vit avec sa guitare et sa voix depuis 2 ans à travers l’Amérique du Sud, fuyant un Venezuela corrompu, insécure et politiquement instable. Chaque rencontre a su à sa manière nous conseiller, nous inspirer et nous encourager.

Par les informations apportées et l’ambiance chaleureuse qu’ils ont su créer, ces moments de partage ont participé à notre acclimatation évidemment, mais aussi à notre agitation !

En quelques heures nous prenons la décision de partir pour les îles Galapagos, entrainant une activité plus rythmée : achat des billets, prise de RDV PCR express, formalités administratives… Il était aisé de nous convaincre de passer deux semaines sur ces îles préservées et isolées à 1000km de la côte équatorienne : peu de touristes, prix au rabais, nature vivifiée par une période de confinement, saison encore idéale, plongées magnifiques, source d’inspiration pour Darwin… La promesse d’un paradis terrestre.

Ces quelques jours à Quito marquent le commencement de notre pérégrination sud-américaine. Nous sentons que nous faisons désormais partie de cette terre de vagabonds inspirants. En plagiant le slogan équatorien, nous nous répétons « Amamos la vida ».

¡ Hasta luego !

Antho & Cris

24 octobre 2020 – 28 octobre 2020

1 Comment

Laisser un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s