Episode 11 : Sé Nenulang, douceur de vivre

Retour à Taganga

Après notre pause à la Casa Mediterranea, nous nous relançons à la découverte de ce fabuleux et si diversifié pays.

Goyo, notre ami de la finca Cinduli, vient nous chercher en taxi pour rejoindre à nouveau Taganga. Il nous explique vouloir rester à Santa Marta et chercher du boulot. Il s’est renseigné pour être chauffeur de taxi mais il n’a pas les moyens pour se payer la licence qui coûte 100 euros plus les charges de location journalière de taxi à 15 euros. Nous apprendrons finalement qu’il retournera dans son pays, le Vénézuela, où la situation est pourtant catastrophique.

Nous arrivons ensemble à Taganga et nous avons le plaisir de retrouver Lili, Ruben et Geronimo pour une journée détente à la plage. Nous prenons un smoothie banane-Oréo dans un des nombreux kiosques à poissons du village et nous allons à Playa Blanca, notre plage aux milles aventures. C’est la deuxième fois que Ruben se baigne dans la mer et nous assistons, heureux, à ce moment sacré. En effet les Kogis, normalement, ne s’immergent pas dans la mer, considérée comme déesse sacrée à l’origine de toute chose. Une façon symbolique de signifier que nous ne re-rentrons pas dans le lieu d’où on vient.

Nous alternons les moments dans l’eau à jouer avec une innocence salvatrice et les discussions avec notre famille de cœur. Nous observons les pécheurs retirer leur filet sans poissons et nous saluons Lili, Ruben, Goyo et Geronimo. Cette fois-ci c’est la bonne, il n’y aura plus de moments bonus pour profiter de leur présence et nous différons nos retrouvailles dans les 10 prochaines années.

Nous partons directement retrouver notre amie Ley, du Tayrona Colored Hostel, pour passer une soirée ensemble et ensuite, le lendemain, partir plonger dans le parc Tayrona pour nos premières immersions sous-marines dans les eaux des caraïbes.

Nous sommes heureux de la retrouver, bien que Napoléon, son petit chat si affectueux, manque à l’appel. Nous avions appris son décès quelques temps auparavant. Des clients de l’hôtel peu scrupuleux avaient causé sa mort en lui donnant de la nourriture inadaptée pour un si petit chaton. Ils avaient par la suite réussi à se plaindre de l’inhospitalité de Ley endeuillée. Nous revenons sur cet évènement douloureux avant de déguster un des bons petits plats de notre amie qui est toujours aussi rayonnante.

Sur la terrasse de l’hôtel, nous rencontrons aussi la gérante, Claudia, qui est mariée à un français établi ici depuis des années. Afin de soutenir financièrement ses employées colombiennes durant le confinement, elle nous explique avoir dû rentrer en France pour travailler dans un magasin et avoir bénéficié d’un maintien de salaire durant un mois alors que le magasin a dû fermer ses portes. Nous pensons à la chance que nous avons de vivre dans un pays qui, malgré tout, permet de sécuriser, pour une assez grande partie, la population en cas de crise. Ici, en Colombie, la situation est bien différente, comme dans la plupart des pays du sud : pas de boulot = pas d’argent. La plupart des personnes en Amérique du Sud ont subi les confinements les plus longs et se sont retrouvés à passer de la survie quotidienne (le fameux « un dia a la vez » ) à la famine.

Le lendemain nous partons plonger avec Ley qui a commencé cette pratique la semaine précédente pour lutter contre sa peur de l’eau et des fonds-marins. C’est sa seconde plongée et nous sommes heureux de l’accompagner dans son dépassement personnel. Nous embarquons pour rejoindre un des petits îlots désertiques du parc Tayrona pour 2 plongées. Les fonds marins ne sont pas si incroyables que nos dernières plongées aux îles Galapagos mais nous avons mis la barre haute en plongeant dans un des meilleurs spots au monde. Nous y découvrons quand même un monde sous-marins magnifique, des poissons colorés que nous ne connaissions pas, de jolis tombants et surtout des formations coralliennes sublimes (notamment ceux aux apparences d’arbres et de cerveaux), un vrai jardin aquatique.

Retour au port, nous partageons un almuerzo avec nos acolytes. Ici, à Taganga, les plongées sont les moins chères du monde : 1h de bateau, deux plongées, un repas et des collations pour un total de 50 euros, soit moins cher qu’une seule plongée brute en France.

Nous retournons à l’hôtel avant de partir sur la plage pour manger notre diner avec Ley qui nous explique que sa boss n’apprécie pas le fait qu’elle partage des moments à l’extérieur avec des clients. La veille, Anthony avait naïvement dit à Claudia que nous allions plonger ensemble et ensuite que nous projetions de partir faire la fête à Palomino, un coin dans la Sierra Nevada, réputé pour son ambiance hippie. Nous ne comprenons pas vraiment cette posture. En effet, si nous sortons avec elle et projetons même de passer un week-end ensemble c’est que nous avons apprécié notre expérience à l’hôtel et que nous souhaitons y revenir pour la voir, ce qui permet à l’hôtel d’enregistrer des nuits supplémentaires. Elle nous apprend n’être payée, en plus du logement, que 20% des réservations faites en direct à l’hôtel (donc hors plateforme de réservation), soit une moyenne de 3/4 euros par nuit réservée. Cette gratification est indigne de son travail. En effet, depuis sa présence depuis plusieurs mois, elle a relancé l’hôtel suite à la pandémie, recueilli des dizaines de commentaires positifs, développé une relation intéressante avec les clients et fait venir énormément de monde. Nous comprenons qu’il y a derrière cela des histoires de jalousie féminine et que Claudia n’apprécie pas le caractère avenant de Ley. Nous laissons le vent puissant balayer les mauvaises énergies et nous sourions en pensant à nos plongées de la journée.

Le lendemain RDV à 9h pour prendre le bus pour rejoindre Santa Marta puis Palomino. Ley arrive vers nous choquée. Elle nous explique que sa boss lui a demandé les clefs et le téléphone du boulot en lui faisant comprendre qu’elle ne travaillera plus à l’hôtel. Nous sommes révoltés par ce comportement et cette tournure. Encore des français qui utilisent un système et un code du travail trop souple et anti-social. Aucun préavis, pas de raisons valables : on jette quelqu’un en fonction de ressenti personnel. Une honte. Nous nous demandons quand même que sera le Tayrona Colored Hostel sans Ley, car si pour Victor Hugo, « une ville finit par être une personne », un hôtel aussi finit par en être une. Cela reviendrait à imaginer le Botanico sans Chris…

Ley nous explique qu’elle trouvera autre chose et qu’elle n’est pas à court d’idées. Nous nous retrouvons donc tous les trois sans projet vraiment défini, seulement avec pour but d’avancer et ne jamais reculer. Un joli moyen de commencer notre week-end improvisé.

Anthony file chez le barbier pendant que les filles font les courses pour le week-end. A leur retour Anthony discute avec tout le monde et est comme chez lui. Il apprendra qu’il existe un jeu sur téléphone « Free fire » dont le but est de faire évoluer un personnage en le rendant plus fort, plus armé et donc moins vulnérable au monde extérieur. Les colombiens jouent beaucoup à ce jeu car il est possible de vendre le personnage pour plusieurs centaines de dollars…Encore un moyen de se faire un peu d’argent. Nous restons perplexes de cette dépendance au numérique…

Dans le bus, nous prenons à nouveau plaisir de voir les côtes arides de Santa Marta laisser progressivement place à la luxuriance de la Sierra Nevada. Musique dans les oreilles, chacun plongés dans les divagations que permet la route, nous passons devant les plus grandes exploitations de bananes du pays servant à l’export avant de longer la côte caraïbe. Mer, montagne et paysages paradisiaques, nous sommes au cœur de la chaine côtière la plus haute du monde. En effet ici les montagnes de plus de 5000m côtoient la côte caraïbe et offre ainsi des écosystèmes uniques au monde.

Palomino

Nous arrivons dans la petite ville de Palomino avec l’excitation de laisser nos énergies se donner à la musique, à la danse et à la locura. Quelques jours pour laisser derrière nous les évènements d’hier, quelques jours sans lendemain. Mais comme rien ne se passe vraiment comme prévu, notre premier après-midi se résume à errer dans les rues ensablées à la recherche d’une chambre d’hôtel répondant à nos attentes et à réaliser que nous sommes lundi et qu’en cette période de pandémie, ce n’est pas le meilleur jour pour trouver une ambiance festive.

Nous finissons par poser nos bagages dans un hôtel aux chambres humides, dans lequel il va falloir payer pour laisser une bouteille au frigo et qui ne tolèrera pas les 3 min de retard au petit-déjeuner. Mais il nous permettra de passer une soirée en douceur qui débutera par un rosé autour d’une partie de billard et finira par des corps en mouvement au rythme de la musique qui sort timidement de nos petites enceintes sur l’étroite terrasse qui longe notre chambre. Chacun vit ses phases intérieures et se relève pour danser. Pas besoin de parler, des regards et des sourires suffisent.

Le lendemain matin, nous nous installons sur la terrasse d’une boulangerie française, tenue par un mec qui, on l’observera plus tard, traite les autres avec supériorité, comme encore quelques blancs dans les pays du sud qui pensent être à l’époque coloniale. Nous y faisons la rencontre incongrue du manager des vignes du célèbre ténor italien, Andrei Bocelli, avec qui nous passerons plusieurs moments lors de notre séjour à Palomino.

Après avoir enfilé quelques pains au chocolat, nous nous sommes instinctivement dirigés vers la rangée de hamacs disposés intelligemment sous un kiosque composant le jardin de la boulangerie, qui se trouve être également un hôtel. Il nous a été si difficile de sortir de ces hamacs que nous avons récupéré nos bagages restés sagement au 1er hôtel pour les faire venir à nous après s’être assurer qu’une chambre était disponible chez le français. Les deux soirées et jours suivants se passeront à peu près au même endroit, bercés par nos hamacs.

Dans cette ville entourée de jungle, l’atmosphère ne semble portée par aucune cadence particulière. Les artisans restent fidèles à leur poste dans la rue principale face à leur quelques pierres et bracelets en macramé et le sable blanc se laisse brasser sans répit par les puissantes vagues. A Palomino, il faut entrer dans les différents hôtels et restaurants pour trouver une ambiance particulière, spécifique à chaque lieu. L’architecture y est pour beaucoup : il faut pouvoir passer une première entrée marquée par un portail ou une pièce de l’établissement pour découvrir les patios où l’on y trouve un peu de musique et quelques tables. Mais il est bon de savoir que Palomino est une ville qui tente de se relever des maux que lui a causé le gouvernement colombien, passant par une crise des droits de l’homme à de la discrimination raciale et une perte d’identité culturelle, sans compter l’abandon de l’Etat sur les problématiques environnementales et sociétales. Les Costenos ne bénéficient pas d’un système d’égout efficient, 60% des habitants n’a pas accès à l’électricité et seuls 10% des habitants sont approvisionnés en eau résidentiel, obligeant l’utilisation de petits réservoirs d’eau de pluie ou de citernes pour les autres et il n’existe qu’un seul centre médical composé d’un docteur, d’une infirmière et d’un dentiste, pour les 4000 habitants.

Sans avoir connaissance de ces informations, nous nous sommes laissés porter passivement par la vie où rien ne se passe vraiment, dû moins rien de vraiment manifeste. En revanche, les énergies circulent et nos trois âmes n’ont de cesse de communiquer, de se synchroniser, de se révéler. Trois âmes qui ont su pleurer de rire ensemble, se perdre parfois et respecter les silences. Nous pouvons dire que tous les trois nous avions trouvé quelque chose de rare, qui s’appelle sûrement l’Harmonie.

Le parc Tayrona

Mais nous ne pouvons plus reporter notre départ, il ne nous reste plus que 3 jours pour aller profiter du Parc Tayrona avant le début d’une de ses fermetures annuelles… Nous faisons nos adieux à Ley dans le bus qui nous dépose à l’entrée du parc alors qu’elle, poursuit sa route jusqu’à Taganga pour vider son logement au Tayrona Colors Hostel. Une fois de plus, notre voyage nous oblige à laisser derrière nous une amitié sans savoir quand nos chemins se recroiseront. C’est ainsi que nous nous retrouvons tous les deux, ce vendredi-là à 13h face au portail du Parc Tayrona fermé, où l’on nous explique que les entrées ne se font que de 7h à 12h tous les jours. Nous passerons donc la nuit dans un hôtel à l’extérieur du parc où l’on retrouve par surprise et avec une grande joie, Nate, notre ami Américain rencontré à Bogota. Nous nous consolons de devoir reporter notre entrée dans le parc en allant nous baigner dans la rivière longeant la route principale. De quoi se raconter les six semaines écoulées et planifier notre entrée du lendemain à 7h. Une nuit perturbée par une invasion de moustiques ne nous a pas enlevé notre excitation de découvrir cette jungle sacrée et préservée, ni même le parcours du combattant pour répondre aux nombreuses formalités d’entrée, ni même l’abus d’un policier probablement corrompu.

En effet notre ami Nate avait sur lui le reste d’un joint, dans son paquet de cigarettes. Lors d’une fouille portant exclusivement sur lui, le policier a trouvé le précieux et a décidé de lui mettre une amende de plus de 900 000 pesos (soit 220 euros) alors que nous croiserons ensuite dans le parc plusieurs dizaines de personnes avec du cannabis sur eux. La loi colombienne dépénalise la possession de mota jusqu’à 20g et l’amende maximum est normalement de 208 000 pesos (soit 50 euros). De plus, nous ne passerons pas un jour en Colombie sans croiser des personnes qui fument dans la rue. Nous en déduisons assez facilement que Nate, une fois de plus, vient de subir une discrimination anti-américaine, assez fréquente dans ce pays au vu de son histoire géopolitique. Nous sommes profondément choqués de l’impunité de certaines pratiques policières, surtout envers Nate, un homme doux, faisant tout pour bien s’intégrer mais au physique typiquement américain qui pousse des gens à projeter leur haine sans intelligence sociale.

Nous ne le savions pas encore à ce moment-là mais les peuples amérindiens qui luttent pour préserver ces 150km2 de terres sacrées, demandent aux visiteurs de laisser leurs mauvaises énergies à l’entrée et de remercier le territoire à la sortie pour les expériences vécues. Quoiqu’il en soit, les énergies négatives qui ont pu nous habiter en entrant dans le parc se sont vite évaporées, laissant place à l’émerveillement et à la contemplation. Afin de rejoindre le Cabo San Juan où notre camping nous attend, nous décidons de laisser le sentier balisé partant sur notre gauche pour longer ces longues plages sauvages ne ressemblant à aucunes rencontrées auparavant.  D’énormes roches polies aux formes arrondies sont posées sur les bancs de sables fins, comme si elles étaient tout simplement tombées du ciel. L’eau turquoise invite à s’y baigner lorsque le Soleil tape trop fort, mais les vagues indomptables semblent peu hospitalières, « Interdit à la baignade. 100 morts en 2019. » Nous dévorons des yeux ces contrastes de couleurs avec le vert de la jungle qui longe la plage avant de partir sur les hauteurs. Cette forêt dense cache de nombreux vestiges des tribus Tayrona décimées par les colons au XVIIe siècle : sanctuaires, cimetières, lieux de rituels… de quoi expliquer les vibrations que nous ressentons alors que nous progressons dans le parc. Les quatre peuples héritiers vivants dans la Sierra Nevada veillent aujourd’hui à ce que le parc ferme ses portes aux visiteurs 3 périodes dans l’année : en février pour l’époque du Kugkui Shikasa qui correspond au moment où la terre se renouvelle, en juin pour le Saka Jusi, période des règles de la Terre et en octobre pour le Nubbatashi alors que les animaux font leurs rituels à la Terre.

Nous bénéficions donc de quelques jours avant la fermeture pour profiter de l’eau cristalline et des fines particules d’or qui composent les plages d’Arrecifes et de la Piscina et des petites plages qui entourent le Cabo San Juan (comme la playa Nudista dont la force tellurique est comparable aux îles Galapagos) où le soir nous faisons de belles rencontres éclairées par la pleine lune. Pour notre deuxième et dernière nuit nous plantons la tente dans l’un des campings proches de la sortie. Cette fois-ci, pour nous y rendre, nous avions emprunté le chemin balisé qui traverse la jungle. Pieds nus, nous ressentons la puissance des racines qui parcourent le sol et le sable frais qui se mêle à la terre aride. Il suffit de lever le regard pour avoir la chance d’observer les singes capucins se balancer de branche en branche. De quoi nous faire penser au Livre de la Jungle… et oui il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux.

L’atmosphère mystique que ce territoire impose nous a permis de nous connecter au mystère des arbres (qui inspireront un futur tatouage…) ainsi qu’à la richesse des rencontres qui nous suivi lors de notre voyage. Car Nate n’est pas le seul que nous avons revu. Nous avons également recroisé la route d’un couple de suisse allemand que nous avions rencontré à la lagune du Quilota en Equateur, nous croisons le lituanien qui nous a remplacé auprès de Javier à la Finca Cinduli mais aussi Camille une traductrice avec qui nous avons passé un peu de temps au Distrio Hostel à Santa Marta et Julien que nous avons déjà croisé aux Galapagos et à Quito. A chaque route recroisée, nous nous replongeons dans celle que nous traçons depuis que nous avons quitté la France. Le chemin, beau et fortifiant, nous laisse suggérer que tout ce qui vient à nous est juste, doté de sens et de raison.

Notre départ est quelque peu précipité en cette dernière journée, le camping ayant vidé ses derniers stocks d’eau. Le cœur reconnaissant, nous laissons le Tayrona se préparer au renouvellement de sa terre et partons une dernière nuit à la Casa Mediterranea retrouver nos rayons de soleil.

Le lendemain, nous prenons le bus pour rejoindre Carthagène et attendre la venue d’Enzo, le frère d’Anthony. Sur la route nous passons par Barranquilla, ville portuaire. La route est magnifique mais les bords de plages sont jonchés de déchets innombrables. Les gens, les plus pauvres, vivent aux milieux de milliers de bouteilles en plastique et autres résidus de la vie quotidienne. Le constat effarant d’un pays qui délaisse ses habitants, faute de moyen (détournés par la corruption politique) et d’un pays en développement dont la demande en produits importés excède les capacités infrastructurelles des municipalités, obligés de laisser trainer les déchets dans la ville. Cela contraste avec la fermeture du Parc Tayrona que nous venons de laisser derrière nous et de sa gestion holistique faite par les habitants historiques de ces terres sacrés.

Nous poursuivons donc nos pérégrinations, nos constats et nos émerveillements le long des côtes Caraïbes afin de continuer à découvrir ce pays aux contrastes si importants et aux richesses insoupçonnées…

Hasta luego,

Crist & Antho

Pour découvrir nos plus belles photos, cliquez-ici !

23 janvier 2021 – 2 février 2021

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