Episode 19 : Holbox, la vie insulaire hors du temps

Après seulement quelques heures de vol, nous sommes accueillis par une chaleur moite plus dense que dans les jungles que nous avons visitées. Nous sommes à Cancun, au Mexique. Réputée pour son côté festif, notamment à l’occasion des Spring Breaks américains, nous avions décidé d’y passer quelques jours pour sonder cette partie là et savoir pourquoi les gens en parlent autant.

La navette nous dépose chez Mercedes qui nous explique vivre là depuis 40 ans, le temps de voir la ville dévorer la forêt en même temps que l’insécurité qui grandissait. « Avant personne ne fermait la porte à clé » explique-t-elle tout en nous montrant comment fonctionne la grille qui sépare sa terrasse du trottoir.

Il est presque minuit et malgré le couvre-feu imposé à 23h dans toute la ville, nous trouvons une rue animée où des camions proposent la spécialité locale : les Tacos. Alors que la viande a pris le goût des tripes, nous demandons une bouteille d’eau mais la seule boisson présente dans les frigos est le coca-cola. Nous constaterons chaque jour au Mexique que l’omniprésence du coca-cola dans ce pays en tête du classement morbide des pays frappés par l’obésité et le diabète n’est pas un mythe. Les Mexicains sont les premiers consommateurs de Coca au monde et représente 40% des ventes de la marque en Amérique Latine. Si l’eau potable est rare dans le pays, une bouteille de coca-cola coute moins cher qu’une bouteille d’eau dans certaine région, stratégie de la marque pour viser les consommateurs les plus pauvres. Une immondice lorsque l’on sait que pour fabriquer un litre de coca, 6 litres d’eau sont nécessaires. Mais ce soir-là, nous nous contenterons d’observer ceux qui récupère leurs tacos sans descendre de la voiture, ceux qui se disputent de façon théâtrale et les mariachis qui passent commande… un doux folklore.

Dès nos premiers moments dans la ville, nous nous rendons compte que le centre-ville est assez délaissé et mal organisé. En effet, l’essentiel des activités se passent du côté de la zone hôtelière, en bord de mer. Après avoir tenté des choses simples comme manger, acheter une carte Sim ou encore trouver une laverie sans pouvoir y parvenir, nous avons assez rapidement senti que cette ville ne nous donnait aucun signaux pour y rester. Par intérêt sociologique, nous avons quand même décidé d’aller s’ambiancer du côté de la zone touristique. A peine arrivés, la première chose qui nous frappe est le volume sonore : impossible de s’entendre parler, chaque bar met la musique au plus fort pour attirer les touristes voulant faire la fête. Et comme tous les bars sont attenants, impossible de distinguer une musique plus qu’une autre. C’est assourdissant. Nous tentons un Mojito dans le seul endroit calme, en vain, le lieu ferme et nous devons nous résigner à aller dans un de ces bars ou passer notre chemin. En voyant les touristes américains, frite de bain entre les jambes à danser sur un podium animé par des filles légèrement vêtues et se frotter les uns aux autres, nous décidons donc de rentrer. Impossible de soutenir cette futilité et ce nihilisme effrayant.

De retour dans le vrai côté de la ville, celui des cancunenses, nous passons par El Parque de las Palapas, petite place populaire où les food-trucks proposent des mets typiques et populaires. Nous goutons les tortas et les marquesitas que nous pouvons décrire comme des crêpes croustillantes garnies de Nutella et de fromage râpé. Comme la veille, nous restons un moment assis à observer les passants dans cette ambiances beaucoup plus calme et simple que la folie oppressante de la zone hôtelière. Les familles déambulent un elote dans une main (épi de maïs recouvert de fromage), une glace ornée de bonbons dans l’autre main.

De retour à l’hôtel, nous regardons un documentaire sur la zone hôtelière et les ravages de l’alcool sur les populations d’étudiants fréquentant le coté touristique. Nous y apprenons que Cancun est la zone où les jeunes américains viennent faire la fête pour fuir l’interdiction de boire de l’alcool avant 21 ans. Et cela se remarque, aucune pédagogie, aucune retenue. Les groupes ont à leur disposition des animateurs qui vont orienter leur semaine vers la plus grande débauche possible. Insoutenable, surtout quand on découvre que la plupart des Américains venant ici sortent pour la première fois de leur pays. Cette déraison dans ce tourisme de masse nous laisse assez choqués et nous décidons assez vite de faire nos affaires et de partir pour Holbox, un île paradisiaque située au nord de la péninsule du Yucatan, dont on nous avait vanté le calme et l’authenticité.

Après 30 minutes de bateau, nous arrivons sur l’île. Comme attendu, nous n’y croisons aucune voiture, seules les voiturettes de golf, dont le bruit peut être plus désagréable que nos véhicules habituels, assurent les déplacements. En traversant le centre-ville à pied à la recherche d’un camping, nous constatons un nombre important de chantiers en cours et des routes de sables transformées en marre par les pluies récentes qui se sont abattues sur l’île. Le Kin Camping, proche du centre-ville, étant complet, nous nous établissons au nord de l’île, dans un camping isolé à 30 minutes de là. L’occasion pour nous de nous connecter à la nature environnante et de découvrir ce qui fait de cette île un paradis. A quelques mètres de notre campement, en suivant un chemin où les iguanes se dorent la pilule, nous avons accès aux plages de sable blanc les plus tranquilles et sauvages de l’île où nous profitons chaque matin d’une eau à 32°C sans vague. Les après-midis se passent dans les hamacs du Balam camping ou autour d’une table à échanger avec les voyageurs, dont Marina, cette belle italienne au sourire qui vous accroche le cœur et Alan ce mexicain dont le rire ponctue ses phrases. Nous sommes également entourés d’argentins, qui, nous le découvrirons plus tard, sont particulièrement nombreux sur l’île. Dans ce lieu où le temps n’existe pas, nous trouvons une harmonie où les rencontres ne viennent pas perturber les temps pour soi. Les soirées se passent en silence ou en murmure au coin du feu où les moustiques nous laissent un peu de répit. Lorsque nous en ressentons l’énergie, nous poursuivons la soirée par une promenade sur la plage de Punta Coco où nous jouons avec les planctons bioluminescents par nuit noire au bord de l’eau. Accompagnés de nos nouvelles rencontres, nous nous laissons une fois de plus ensevelir par ces sentiments de liberté et de plénitude. Nous marchons à la file indienne, le nez en l’air, absorbés par la voie lactée décorée d’étoiles qui filent à tout allure avant de nous amuser de nos traces de pas illuminés par les planctons oubliés dans le sable mouillé.

Notre ami Ben, rencontré dans la jungle amazonienne bolivienne, nous rejoint sur l’île pour une sortie à la recherche des plus gros poissons du monde, les requins baleines.

Il nous faudra près de trois heures de navigation pour arriver à la jonction entre le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes où les requins-baleines viennent se nourrir de planctons chaque année entre juin et septembre avant de reprendre leur traversée océanique. A notre arrivée dans la zone de recherche, le constat est assez désolant : des centaines de bateaux, venant de toutes les îles alentours, sont ici pour assister au même spectacle. Le jour de notre sortie, nous avons eu la possibilité d’en observer 4. Mais 4 pour 100 bateaux contenant en moyenne entre 6 et 8 personnes, cela fait beaucoup de monde pour les mises à l’eau, limitées à 2 personnes par bateau et par tour. Il faut donc faire la queue au milieu des vagues qui nous chahutent, pour pouvoir passer 1 min à l’eau avec ce poisson énorme, qui ne demande qu’à manger. Même si nous sommes assez effarés par ce type de pratique, que nous pensions bien plus encadrée, nous nous mettons à l’eau. L’avantage est que sous l’eau, nous nous sentons presque seul avec la bête, gueule ouverte à la surface pour manger le plancton. Le premier contact est impressionnant. Mesurant 10m de long, nous le voyons, impassible, se nourrir puis plonger dans le fond et remonter. Et dire que les humains ont longtemps pensé être les animaux les plus développés. Quelle arrogance, quel manque d’humilité. Tout est juste, tout est à sa place et rien ne mérite moins d’attention. Ce genre de poisson impose directement le respect et nous rappelle à quel point l’homme n’est qu’un petit animal parmi les autres. Certes, nous sommes dotés d’une intelligence complexe et d’une culture novatrice et cumulative, mais nous ignorons encore la plupart des choses concernant la complexité de la vie marine et des moyens développés par ces animaux pour communiquer sur des milliers de Km.

Alors que des touristes incapables de respecter la seule règle de l’excursion, à savoir ne pas toucher l’animal, perturbent le dernier requin que nous verrons ce jour-là, nous nous faisons la promesse de ne plus participer à ce genre d’attractions touristiques dans ces conditions. Aimer la nature peut signifier aussi ne pas forcément la découvrir pour la préserver. Un constat amer que nous faisons à cause de cette débauche touristique entretenue par intérêt mercantille.

De retour sur terre et mitigés par cette expérience, Kevin, un volontaire argentin du Kin Camping, nous appelle pour nous dire que Damien, le propriétaire, cherche un couple de volontaire. Séduits par l’idée de rester sur cette île et de se rapprocher du cœur de son animation, nous acceptons directement. Notre travail consistera à rester en veille 3h par jour pour faire le check-in des clients et leur présenter l’île, en échange du logement gratuit dans une tente équipée de lumière et de ventilateur.

Dès le premier soir, nous sommes accueillis par un barbecue faisant la transition entre les anciens volontaires et nous. Ben est encore ici et prolonge son séjour sur l’île tellement l’ambiance du camping est incroyable. Damien, français de Toulouse établi sur l’île depuis 6 ans, a créé ce lieu il y a un an : un petit terrain pour se prélasser dans des hamacs, 2 grandes tables pour partager avec les voyageurs de passage, une cuisine très bien équipée et 13 tentes. Durant trois semaines nous vivrons dans cette bulle confortable qui a pris instantanément des airs de grande famille. Les membres n’étaient pas toujours les mêmes au fil des jours mais l’esprit lui ne changeait pas. Chaque client y était instantanément intégré et laissait une part de lui à son départ. Telle une famille, nous avions nos habitudes et notre routine, nos repas partagés, nos malentendus, nos jeux de sociétés, nos larmes et nos célébrations. Les journées s’écoulaient lentement et paisiblement. Les fumeurs augmentaient leurs consommations comme pour allonger le moment, le savourer, bien que pas grand-chose ne s’y passe. Les fruits tout juste ramenés du marché sont immédiatement dégustés en smoothie ou en salade alors que les avocats finissent en guacamole. A notre grand bonheur, les Argentins et les Espagnols connaissent déjà le chinchon, notre jeu de cartes favori. Les autres apprennent par bouche à oreille et nous nous retrouvons à jouer des heures durant accompagnés de musique latine. Un rêve pour Cris. Les allées entre les tentes se transforment en terrain de pétanques ou de molky, fabriqué par Antho et notre amie Jess, le temps d’un après-midi.

El atardecer, le coucher de soleil, est un moment où tous les occupants de l’île se retrouvent chaque jour sur la plage. Un moment où les chemins de vie se connectent avec les mots, avec un verre ou un joint, une méditation ou une position de yoga, avec la musique ou le silence face à la beauté du Soleil qui s’incline. Un soir, alors que tous les yeux sont rivés sur les couleurs chaudes de l’horizon, les doigts se pointent dans la même direction, les corps se figent et le silence se répand : des dauphins dansent. Si nous n’assistions pas à ce spectacle quotidien depuis la plage, c’est que nous étions probablement en train de siroter un mojito au piment ou au maracuya dans la piscine de l’Alma Bar…

Les soirs où nous ne restons pas à la maison à refaire le monde, nous allions au Tribu écouter les artistes de passage qui se réunissent autour d’un open mic ou d’une jam session. Notre ami Ajhit prenait alors le micro pour nous ambiancer sur un rap percutant. Chaque soir, à 23h, alors que tous les bars fermaient leur porte, le RDV était donné au Hot Corner. Ou plutôt dans la rue devant le Hot Corner. La foule encerclait les percussionnistes pour danser, frôler la transe. Les différences faisaient alors danser les normes et chacun s’unissaient dans un rythme endiablé. Ceux qui refusaient d’aller se coucher, poursuivaient ensuite sur la plage à la recherche d’une enceinte capable de leur donner ce qu’ils recherchent. Si aucune n’était assez puissante pour animer une foule, différents groupes se formaient alors, chacun son ambiance, ses rythmes et son style. Une sorte de macumba à ciel ouvert et en format réduit.

Si de petit à petit nous nous sommes retrouvé une majorité de francophones (c’est les vacances en France et le Mexique ne demande pas de test PCR…), nous partagions le lieu avec des Espagnols, des Argentins, des Anglais, des Mexicains, des Allemands… Nous faisions alors fonctionner nos cerveaux dans les trois langues pratiquées ce qui créait quelques courts-circuits il faut l’avouer. Pris dans ce vortex social, nous nous sommes laissés aller à une pause mentale où les journées commençaient souvent par un café ou l’achat de fruit pour un smoothie au marché, un peu de sport et de méditation, un joint et un moment doux dans un hamac à attendre que rien ne se passe. Mais comme le vide est un espace où tout peut survenir, nous nous laissions aller à la douceur des échanges, pouvant commencer au réveil et se finir à plus de 3h du matin. Pas de téléphone, pas de films et de divertissements individuels pendant presque un mois, sinon des connexions humaines riches, des instants de partages uniques. Ouverts à l’ensemble des énergies présentes dans le camping, nos âmes se laissaient porter par les opportunités proposées par nos colocataires temporaires.

Au total, plus d’une cinquantaine de personnes avec qui nous partagerons des moments de vie. Il faut dire que Holbox est une île propice à l’ouverture et à la rencontre et nombreuses sont les personnes ici qui devaient ne rester que quelques jours mais qui au final, comme nous, y passerons beaucoup plus de temps. Souvent vue comme un point d’entrée au Mexique, après l’arrivée à Cancun, il était dès lors facile de rencontrer des voyageurs inspirants. Ce qui nous a surpris mais aussi hautement séduit c’est le fait que la plupart des voyageurs rencontrés étaient des personnes en transition de vie : début d’un grand voyage, fin d’une vie de labeur professionnel pour se consacrer à ses désirs profonds, premier grand voyage seul ou à plusieurs, recherche d’ouverture spirituelle, reconversion professionnelle, initiation à la vie de digital nomad, volonté de vider son esprit après une rupture ou des difficultés de vie… Chacun ici était dans une quête intérieure qui nous permettait chaque jour de découvrir des itinéraires de vie inspirants et en résonnance avec notre propre chemin. Les mots dansaient alors autour de ces tables où le silence arrivait seulement pour nous permettre d’intérioriser l’intensité des propos échangés.

Nous pensons à Gaby, l’argentine fêtarde bloquée sur Holbox à cause du Covid et l’annulation de ses billets d’avion, en volontariat avec nous au camping, à Troy, l’australien déjanté voyageant depuis plus d’un an avec Jess, la française libre et légère, qui voyage depuis des années en quête d’aventure et de job, à Amine, jeune français à l’éloquence et à la détermination de vie incroyable, dans le début de son premier voyage sans ses parents avec Yacoub, son meilleur ami au cœur sur la main et à la bienveillance surprenante, à Damien, notre boss avec qui nous connaitrons les meilleurs spots de fête et que nous accompagnerons dans ses plans business, à Sandrine, ancienne infirmière à Monaco qui a décidé de tout plaquer pour approfondir ses expériences spirituelles et sa liberté, à Ajith, un musicien sri lankais vivant en Suisse et ayant quitté son job en assurance pour laisser sa confiance et son ouverture le mener vers de nouveaux chemins, à Leandro, argentin en voyage prenant du temps pour lui et pour partager ses expériences spirituelles dans la douceur de ses paroles, à Reynald, français travaillant en Suisse comme manager, qui, comme souvent, fait une pause dans sa vie pro pour se laisser aller à l’autre aspect de sa vie, plus calme, le voyage, qu’il fait avec Sophie, sa conjointe suisse, éducatrice spécialisée à la douceur marquante et au rire communicatif, à David, Manuella, une famille de français qui ont vendu leur commerce et qui sont dans le début de leur voyage avec leur enfants de 9 et 12 ans, Leo et Alex, et prêts à se laisser modifier par le voyage, à Julie, une autre française, très douce, voyageant en travaillant dans le marketing social et digital, à Dan, un anglais reconverti dans le bitcoin qui a quitté son job et s’attelle depuis des années à la méditation et à son bien-être, lui aussi au début de son périple, à Lino et sa chérie, jeunes français de 21 ans ayant travaillé pendant deux ans pour se payer un voyage autour du monde qui marquera sans doute le reste de leur vie, à Tarik, turc en vacance repérant des spots pour se convertir dans le nomadisme digital, à Tina, allemande ayant quitté son job d’ingénieure pour lancer son commerce de tissus ethniques et équitables et donc à la rencontre d’artisans Mexicains, à tous ses espagnols en transition à Holbox avant de pouvoir partir ramasser la weed en Californie, à tous les autres qu’on oublie mais qui ont su apporter leur atmosphère et leur folie…

Holbox c’est devenu notre nouveau coin de paradis, un de plus. Ces moments hors du temps et si exceptionnels nous ont aussi permis, à défaut de bouger, de recevoir nos amis rencontrés sur la route, comme si nous étions à la maison.  Comme Jacques, notre ami québécois et déjà complice de plusieurs de nos aventures, rejoint par sa copine Karla, qu’il a rencontrait au Pérou. C’est le cas aussi de Paul et Enora, nos amis toulousains rencontrés au Costa Rica. Le programme fut simple mais excitant : les laisser s’imprégner de l’ambiance folle de ce camping et se connecter à d’autres voyageurs, sortir au bar boire des coups et profiter de coucher de soleil toujours splendides et partir danser au Hot Corner puis sur la plage. Le programme de base de chaque personne de passage sur cette île.

Holbox est une île relativement grande, 34 km de long pour environ 1,6 km de largeur mais la surface habitée est très faible, environ 15%. Cependant, malgré la préservation des mangroves et de la nature environnante, ce qui se constate assez rapidement sur l’île c’est l’importance des travaux de construction de résidences touristiques. 2000 locaux vivent sur l’île, plus 2000 personnes qui sont venu s’y installer et autant de touristes quotidiens. Cela demande des infrastructures pour accueillir tout le monde. Cependant, en regardant la gestion des déchets, dont les ratons laveurs se délectent, nous constatons assez rapidement que les infrastructures ne sont pas faites pour recevoir autant de monde. Longtemps enfouis sous terre, sans doute par ignorance, les déchets sont aujourd’hui transportés sur le continent par des associations d’habitants qui utilisent leurs propres petites remorques pour tout récupérer. L’Etat les a abandonnés et ils doivent donc s’autoorganiser pour nettoyer l’île. Evidement le constat est assez triste : au-delà du petit centre-ville, les routes de sables sont jonchées de déchets, malgré les panneaux indiquant une amende énorme pour quiconque serait pris en train de vider ses ordures sur la route et nous nous demandons bien comment l’île va évoluer au regard du nombre croissant de touristes qui devraient pouvoir venir sur l’île dans les prochaines années…

Notre moment sur Holbox devait forcément avoir une fin et comme après une période intense, nous ressentons, quelques jours avant notre départ, une boule au ventre proportionnelle au bonheur que nous avons vécu ici. Notre travail et notre relation avec Damien et Karen, sa copine, nous a donné envie de nous donner au maximum pour permettre au Kin Camping de vibrer de la plus belle des manières. Et c’est pour cela que nous sommes restés aussi longtemps. Rarement nous avions ressenti ce genre de laisser aller, de liberté, ce genre de flânerie aidés par cette énergie douce portée par le peu de besoin, la nature magnifique, la vibration du lieu et des rencontres. La suite logique de ce que nous avions vécu au Costa Rica et de la Pura Vida ressentie et intégrée en nous.

Le jour de notre départ, nous apprenons que Gaby va pouvoir partir le jour même rejoindre sa famille en Argentine, après plusieurs faux espoirs causés par les compagnies aériennes. Les larmes aux yeux, nous préparons chacun nos affaires avec une nostalgie déjà palpable. Quelques photos de groupe pour garder une trace de ce moment, des câlins, des larmes, de l’amour partagé encore une fois et nous voilà dans la voiturette de golf, seuls, le visage triste et pourtant heureux d’autant de joie vécue, à contempler la piste ensablée nous éloigner du Kin Camping et nous rapprocher de la suite de nos aventures. Un peu sonnés par le contraste causé par le retour sur le bateau nous ramenant sur le continent, nous décidons de nous accorder une journée de pause le lendemain pour digérer ces émotions et ces moments incroyables, avant de partir à la découverte des temples Mayas et des cénotes.

Hasta luego

Cris & Antho

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4 juillet 2021 – 4 août 2021

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