Le Costa Rica, sûr de lui, nous avait envoyé des messagers pour nous vendre sa beauté et sa nature luxuriante, opérant même quelques arrangements avec les compagnies aériennes pour rendre les prix attractifs. Il s’est ainsi imposé à nous et alors que nous survolions pour la première fois ses terres, nous savions déjà que nous l’aimerions… Love at first sight.

Il n’était pas question de perdre notre temps dans les rues bitumées et agitées de la capitale, réputées dangereuses et hostiles. Nous enfilons alors un casado dans notre premier soda Costa Ricain pour quelques colones avant de nous rendre à la gare routière acheter des tickets pour le 1er bus. Il se trouve qu’il part pour Puerto Viejo de Talamanca, une destination conseillée par les messagers ! Une pluie abondante et sévère s’abat sur San Jose et les futurs passagers se rassemblent dans la gare ouverte. Parmi les hippies et les gringos qui patientent à l’abris, un jeune homme attire notre attention. Vêtu d’une tenue blanche ornée de bijoux, peau foncée et regard profond, il semblait venir tout droit de cette si lointaine Inde. Il nous dit s’appeler Ki et être un Costa Ricain, installé depuis quelques temps à Puerto Viejo. Après 6h de bus, Ki nous présentera les rues calmes de cette petite ville et nous accompagnera dans un hôtel où il sera possible de poser notre tente : le RockingJS. Un petit groupe d’Américains boosté par le Rhum nous accueille et nous propose de les accompagner dans leur soirée, une invitation que nous déclinons. Nous sommes fatigués par le voyage et notre faim devra se satisfaire de quelques barres chocolatées cachés au fond de nos sacs, apprenant qu’un couvre-feu est imposé dans tout le pays à partir de 21h.

C’est au réveil que nous prenons conscience de la beauté du lieu qui nous entoure. Les petites mosaïques qui ornent les différents espaces de l’hôtel brillent sous le Soleil déjà haut. Il suffit de pousser un petit portail pour nous retrouver sur le sable chaud. Grace à quelques formations rocheuses, une piscine naturelle nous invite à rester assis des heures dans cette eau bien trop chaude à lire, à méditer, à rêvasser à l’abris des vagues des Caraïbes. Empruntant les petits sentiers qui longent le sable entre des arbres où se prélassent paresseux et singes hurleurs nous nous laissons surprendre à chaque sortie à la découverte de miradors, de plages sublimes et d’ambiances revigorantes. C’est d’ailleurs en empruntant ce même-sentier en partant sur la droite que nous découvrons le campement de Ki : une tente, un hamac et une grande bâche où sont étendus une incroyable sélection de livres qui attend ses acquéreurs. Ils traitent de philosophie, de linguistique, d’Histoire, de spiritualité, de méditation et de yoga… ces mêmes sujets qui sont au cœur de nos conversations. Ki a eu l’idée de vendre sa bibliothèque pour permettre au passants, touristes ou résidents, d’acquérir, par eux-mêmes, le savoir contenu dans ses livres. Il estime que chacun peut ouvrir son cœur et son esprit par des actes d’apprentissage simple, comme le recueillement et la lecture. Il attend ainsi l’opportunité d’un regard, d’un passage pour partager son savoir appris de manière autodidacte et la douceur de ses bras.

Chaque jour passé à Puerto Viejo un cadeau nous est offert : un bain de minuit nu dans les vagues chaudes, puissantes et silencieuses, une danse au rythme des percussions, la lueur d’un feu, des poèmes échangés et récités avec passion, une rencontre, un ciel étoilé… Nos pensées, libres et expansives, se nourrissent simplement de la douceur de chaque instant qui nous invitent à nous remettre dans cet éternel présent dans lequel rien d’autre n’importe que le plaisir d’être en vie et de célébrer l’amour universel que nous trouvons en chaque être.

Chaque jour est ainsi une nouvelle définition de la Pura Vida. Il suffit de traverser le centre-ville calme et animé de Puerto Viejo pour entendre des « Pura Vida » à-tout-va. Tantôt il signifie que tout va bien, tantôt il signifie « Merci », tantôt « Il n’y a pas de problème ! » . Deux mots qui se suffisent à eux-mêmes pour saluer ceux que l’on croise sur notre chemin pour se transmettre amour et bienveillance. Plus tard, alors que nous demanderons à des costaricains pourquoi le peuple ne proteste pas contre les récentes, impressionnantes et injustifiées inflations dans le pays, ils nous répondent « Porque… Pura vida ! » De quoi confirmer que ces deux mots sont bien plus qu’une formule de politesse ponctuant les phrases des Ticos : ils représentent un mode de vie et une philosophie consistant à toujours se rappeler qu’il est bon d’être en vie.

Le couvre-feu n’enlève rien à l’ambiance conviviale et joyeuse du centre-ville le soir. On s’adapte, on part manger et boire des coups plus tôt, voilà tout. De toutes façons le Soleil nous quitte chaque jour vers 17h30. Les terrasses mélangent alors hippies, Ticos, back packers, rastas, gringos… Dans les rues, les vélos sans led croisent 4X4 et piétons sans chaussures et sans masque sous le regard des artisans qui se tiennent devant leurs pierres et leurs macramés.

Puerto Viejo est un village ayant accueillis, il y a plusieurs décennies, des descendants jamaïcains fuyant la pauvreté et le gouvernement colonial anglais. Nous croisons donc, chaque jour, une partie de la culture de ce pays que nous souhaitions visiter au début de notre voyage : du reggae dans chaque bar, de la ganja à tous les coins de rues et des rastas aux allures paisibles et envoutés par la force de la nature environnante. Du bonheur simple et quotidien aidé par le flow de ces êtres pour qui la vie se savoure quotidiennement, sous l’ombre d’un arbre, paille au bec et regard porté au loin.

Les routes de la Province de Limon ont l’avantage d’être plates et entourées de jungle. La saison des pluies dans laquelle nous étions rendait le tout plus verdoyant encore. Idéal pour partir en vélo à Manzanillo, un village à 15km de là. Nous retrouvons ces longues plages de sable fin et nous nous aventurons dans son magnifique parc, prenant le temps de nous perdre, pieds-nus, entre les arbres, d’observer les bigorneaux qui traversent les sentiers et les minuscules grenouilles à pantalon bleu qui sautent avant de rester le souffle coupé en haut des miradors. « Lorsque vous arrivez au niveau d’une maison bleue prenez le minuscule sentier qui part sur votre gauche », nous croisons de nouveaux messagers qui nous transmettent les indications presque à voix basses, tel un secret, pour accéder à une petite crique bien gardée, une sorte d’éden. Nous nous allongeons tout de suite dans l’eau chaude face à cette playita protégée par de grands palmiers suivis de près par la densité de la forêt tropicale. Pour compléter ce décor irréel, des singes hurleurs passent d’arbre en arbre au-dessus nos têtes. Ils savent que nous sommes-là tout comme nous savons qu’ils sont là, alors on se regarde.

Notre visite du parc national de Cahuita avait également bien commencé jusqu’à ce que des gardiens nous disent de faire demi-tour, le parc fermant ses portes à 14h. C’est sur le chemin du retour, en passant sur un pont, que l’on s’est fait racketter par un singe capucin à cara blanca. Cristel avait attaché le sac plastique contenant les déchets et les restes du pique-nique à son sac à dos. Le singe, après s’être approché de nous, n’a pas hésité à montrer ses petites dents bien aiguisées. En un bond, il éventre le sac plastique répartissant ainsi les déchets de tous les côtés. Nous avons dû enfreindre le règlement du parc en offrant au primate quelques raisins en échange de la boite à fromage qu’il serrait contre lui.

Quel délice de rentrer au RockingJS après des expériences comme celles-ci, trouver quelques oreilles attentives, se connecter à d’autres sourires, se perdre dans les anecdotes, être le réceptacle de quelques confidences et partager le réconfort du silence. Un espace où l’énergie circule sans cesse : dans les bras chaleureux de Serena, une Américaine logeant pourtant dans un hôtel à quelques mètres, dans les regards doux et pétillants des artistes qui vivent là, dans le sourire malicieux du réceptionniste qui apprend tous les jours un peu de français sur Duolingo. Mêmes les gringos participent à cette énergie. Quelques rythmes joués sur un Djembe et ils approchent en groupes. Assis aux côtés des musiciens, nous observons ces jeunes américains qui semblent s’être enfuis d’un régime totalitaire. Libérés de la probable prohibition de leur région natale, ils s’essayent, un peu maladroitement, dans l’excès de la boisson, du style, du contact à l’autre et du déhanché. Autour d’eux, rayonne Mama Africa, qui elle aussi contribue à l’énergie de Puerto Viejo. Lorsqu’elle prend la parole, les voix s’éteignent et la musique s’arrête. Les yeux rivés sur cette peau couleur ébène, ses longues dreadlocks et son regard noir perçant, nous l’écoutons parler de sa vie de Tica caraïbéenne et des rencontres qui l’ont baptisé ainsi. Alors que les conversations ont repris autour d’elle, elle s’enfuit un instant pour revenir avec une glaciaire. Il ne lui reste plus qu’un bout de gâteau à la banane qu’elle divisera en minuscules morceaux pour que chaque bouche présente puisse le gouter. C’est ainsi qu’elle déposa quelques miettes dans chaque gosier qu’elle ordonna d’ouvrir.

Nos deux semaines à Puerto Viejo ont été rendu plus belles encore suite à notre rencontre avec « les Toulousains ». Le petit groupe de 7 que nous formons passera 3 jours à rire en se faisant maltraiter par les vagues, à explorer les mangroves en kayak à la recherche de toucans et de tortues, à avoir le cœur serré en rencontrant les animaux du Jaguar Refugio, à retrouver la saveur d’une soirée psytrance sur la plage sous les étoiles et la lune naissante… Qu’il est bon de retrouver cet accent chantant, l’autodérision et l’humour déjanté, l’authenticité et la simplicité des échanges, la spontanéité, la jovialité et le plaisir d’un bon repas, d’un bon vin… qu’il est bon de retrouver la France, Toulouse ! Difficile de mettre fin à 3 jours d’amitié et d’intensité, mais nous avions tous des routes à poursuivre. Nous nous rappellerons de nos adieux grâce au serpent présent ce soir-là et de notre difficulté à ouvrir un portail… Et de notre dernier jour à Puerto Viejo grâce à la pluie tropicale brisant les branches et donnant à la mer un caractère plus sévère.

Nous quittons notre paradis en direction de la côte Pacifique sans connaitre précisément notre destination finale. Nous passons par San José comme le réseau de transport public le requiert et nous sautons à bord du premier bus qui se dirige vers la province du Guanacaste. C’est ainsi que nous arrivons le soir-même dans le village de Samara. Le lendemain matin nous y découvrons les plages bordées de palmiers et de restaurants. Nous peinons à nous laisser aller à la contemplation, le cœur encore un peu lourd d’avoir quitté Puerto Viejo. Il faut dire qu’ici les vagues de l’Océan nous paraissent plus hostiles et le sable moins confortable.

Loin de nos Terres natales, nous trouvons dans nos cœurs une once de patriotisme ainsi qu’un soupçon d’intérêt pour le football… juste assez pour partir à la recherche d’un bar diffusant le match France-Portugal. Une fois installés dans l’unique bar acceptant de sacrifier un écran pour les européens, la connexion est si mauvaise que l’engouement que nous avions réussi à faire naitre en nous n’a pas été à la hauteur des difficultés. Un mal pour un bien, le suspense laissé par les innombrables bugs nous permettent de faire la connaissance des Marseillais Majda et Eric. Nos premiers vacanciers rencontrés en 9 mois de voyage ! Ils nous racontent où en est la vie là-bas de l’autre côté de l’Atlantique et la folie qu’ils ont connu cette année en tant que professionnels de santé. Un monde qui nous parait si loin ! Nous passons les deux derniers jours de vacances du couple en leur compagnie entre les vagues de la Playita Carrillo et le terrain de beach volley de Samara. De nouvelles amitiés que nous aurons plaisir à renourrir lors de nos prochains passages dans la cité phocéenne.

Après avoir tendu le pouce en espérant qu’un pick-up nous prenne à l’arrière, un pick-up nous a pris à l’arrière. Même lorsque la pluie s’abat sur notre parcours, nous nous remplissons de cette sensation de liberté infinie que ce trajet nous procure.

La luxuriance qui entoure la route goudronnée ne semble connaitre ni limite ni répit. La « Suisse de l’Amérique centrale » est neutre depuis plus de 80 ans et est devenue le premier pays à avoir supprimé son armée, donnant ainsi la priorité à l’éducation, à la santé et à notre grand bonheur, à la protection de l’environnement. Le Costa Rica représente 0,04 % de la surface terrestre mais comporte pourtant 6% de la biodiversité mondiale, protégée par plus de 20 parcs nationaux : toucans, tortues, aras de toutes les couleurs, ratons-laveurs, serpents, paresseux, singes en tous genres, baleines, requins… Un zoo à ciel ouvert, dépassant de loin les attentes que nous pouvions avoir.

Sur la route vers notre prochain point de chute, dont nous ignorons une fois de plus la localisation précise, une famille tica sur la route des vacances s’arrête sur le bas-côté. Les enfants entassés dans le coffre déjà bien chargé, on nous fait une place sur la banquette arrière du 4X4. Nous profitons du trajet pour poser nos questions sur le quotidien des habitants de ce paradis terrestre, le plus luxuriant du monde : le système de santé, la philosophie de vie, les habitudes alimentaires… Nous aurons la confirmation que les costaricains mangent les mêmes aliments matin, midi et soir : « au petit déjeuner, nous faisons du riz et des haricots séparément, le midi nous mélangeons le riz et les haricots… » sans qu’aucune lassitude ne soit alors ressentie. Alors que nous descendons encore plus au sud de la péninsule de Nicoya, nous sommes pris d’excitation à l’aspect de plus en plus sauvage des alentours et de la route, amplifié par l’apparition de magnifiques perroquets rouges. La famille nous recommande de poursuivre notre route jusqu’à Santa Teresa, petite ville de surfeurs dont on avait entendu beaucoup de bien. Effectivement, alors que nous traversons une première fois sa longue rue principale nous sommes marqués par la vibes générale qui se dégage et nous partons à la recherche, enthousiastes, d’un camping nous faisant éviter les prix insensés des chambres d’hôtel. C’est comme ça que nous nous retrouvons à longer la ville de droite à gauche puis de gauche à droite, épuisés, dégoutés de n’avoir pu profiter du spectaculaire coucher de soleil.

Impossible de trouver un vrai camping dans ce lieu rempli d’Américains venus ici pour profiter du surf et des espaces de coworking, nombreux dans ce petit village. Beaucoup sont là pour échanger autour de la Crypto-monnaie et tenter de faire fortune avec ce nouveau système d’investissement monétaire. Nous passerons donc une première nuit dans un dortoir avant de tenter, le lendemain, de poser notre tente sur la plage. Une fois installés, repas à emporter sur les genoux face au coucher de soleil, un gardien vient nous voir pour nous dire que son patron nous interdit de dormir ici sur la plage. Nous tentons de trouver un nouveau point de chute, en vain, les gardiens communiquent par talkie-walkie et nous empêchent de nous poser tranquillement pour dormir. Nous décidons donc d’aller dans une sorte de terrain vague, reconverti le week-end en camping pour les costaricains voulant passer du temps à Santa Teresa sans avoir à dépenser une fortune. Nous nous retrouvons donc, en pleine nuit, à marcher avec notre tente montée devant les touristes qui sirotent des cocktails sur la plage. Une situation drôle qui nous fera pourtant dire que nous ne resterons pas plus longtemps dans cet endroit qui ne veut pas vraiment de nous. Nous sommes libres, pourquoi forcer alors que nous pouvons partir à la recherche d’un endroit plus accueillant ? Nous passerons quand même la soirée avec le gardien du « camping » et ses amis à écouter de la musique, parler de nos cultures, de nos vies. Ils sont du Nicaragua mais ne peuvent pas rentrer dans leur pays à cause du danger qu’ils risquent en rentrant chez eux après avoir fui la situation politique de ce dernier. Nous nous révoltons ensemble de la situation migratoire causée par des politiques despotiques et corrompus dans plusieurs pays de ce monde avant d’unir nos âmes dans un beau moment de connexion qui nous permettra de savourer la poésie de la vie avec ces êtres aux vécus résilients et joliment teintés de spiritualité. 

Nous partirons finalement le lendemain à Montezuma pour tenter notre chance ailleurs. Dès notre arrivée nous sommes conquis par ce minuscule village composé de deux rues et d’une petite place centrale colorée. Notre hôtel est sur la plage et nous disposons d’une petite terrasse en bois, face à l’océan. Assez pour se dire que nous finirons notre séjour Costa Ricains ici. Le format de notre voyage nous permet de pouvoir vivre à un rythme lent et connecté à nos envies. Pas d’obligation de courir pour visiter les pays, pas d’obligation de choses à faire. Nous prenons simplement le temps de nous asseoir sur notre balcon et observer le mouvement incessant des vagues accompagnant nos esprits le long de méditations passives et nourrissantes. Nous prenons ainsi simplement le temps de travailler notre espagnol, joindre nos familles, avancer sur notre projet de création d’école en se libérant de la notion de travail pour la remplacer par celle de plaisir… L’occasion aussi de se remettre au souffle universel de la vie et vibrer sur une seule et même fréquence avec la nature et les êtres qui la composent, cultiver l’observation et le silence, fluidifier les énergies en nous et aimer l’instant présent, simple et éternel, en s’allégeant de la notion de temps humain pour se connecter avec quelque chose de plus grand…

Seulement quelques sorties pour aller voir les cascades du coin occuperont notre semaine. Des moments simples pour se connecter encore à la nature et se nourrir d’énergie afin de pouvoir en donner en retour. Des moments contemplatifs qui nous font avancer intérieurement sur nos intentions de vie. Ces espaces offerts par le voyage pour contempler, s’ouvrir et se connaitre nous permettent de nous orienter vers nos besoins réels et réorganisent nos représentations du monde.

Sous les éclairs et les pluies tropicales, à l’abri sur notre terrasse, nous faisons la rencontre d’Antonio, 1er tico à la jambe bionique à être sauveteur maritime, qui nous expliquera que ses deux grand-mères ont dépassé les 100 ans et pour lesquelles le secret de la longévité est assez simple : se lever tôt le matin et se coucher tôt le soir. Suivre donc simplement le rythme du soleil pour vivre plus longtemps… Dans ce pays à la nature si riche, il n’est pas étonnant de découvrir que c’est ici que le nombre de centenaires est le plus important du monde. De la nature et un rythme de vie connecté à elle. Rien de plus simple et pourtant tellement loin de nos modes de vie contemporains où la notion de résonnance n’a qu’une faible place au milieu de la course effrénée au profit, au travail, à l’occupation du vide intérieur et au divertissement.

Le Costa Rica nous aura donc apporté, par sa nature et la richesse des rencontres, une nouvelle façon de concevoir la vie, le temps et notre lien avec cet ensemble si merveilleux et pourtant si fragile. Remplis et à la fois connectés comme jamais, nous nous dirigeons vers le Mexique pour poursuivre notre quête intérieure et notre soif de découvrir des façons de vivre différentes, qui nourriront encore notre besoin de voir des solutions alternatives au monde proposé par nos sociétés occidentales. Notre départ de ce pays nous laisse tout de même un sentiment d’inachevé et nous fait dire que nous devrons donc revenir, seul ou avec nos proches, pour faire suivre et se reconnecter à ses conclusions existentielles qui sont devenues, lentement, nécessaire à notre bien-être et à l’écoulement simple de nos vies.

Pura Vida,

Antho & Cris

Pour découvrir nos plus belles photos, cliquez-ici !

11 juin 2021 – 4 juillet 2021

Récompenses | Dictée des collèges - par Orthodidacte

J’ai eu la chance et le plaisir de travailler près de trois ans pour la société Orthodidacte en tant que responsable du pôle Education. Mon rôle était de promouvoir les outils mis en place par Orthodidacte et les intégrer dans les cursus scolaire du monde de l’éducation (collèges, lycées, universités, écoles supérieures et internationales) afin d’accompagner les élèves et les étudiants vers une meilleure maîtrise écrite de notre langue.

Lire la suite

Votre créativité va nous mener vers des choses bien improbables, créatives, indécentes, humaines et farfelus. Merci d’avoir joué le jeu, grâce à vos défis nous auront l’occasion de vous embarquer un peu avec nous.

Nous avons décidé de mettre sur cet article une liste de l’ensemble des challenges que nous avons reçus. Chaque défi aura ensuite le droit à son propre article pour illustrer sa réalisation, en photo, en vidéo ou simplement en témoignage, pour le meilleur et pour le pire.

Nous avons été obligé d’accepter les défis retardataires :

  • Faire une session de pêche (ceux qui nous connaissent savent à quel point on aime manger du poisson mais l’idée de le tuer nous semble plus difficile…)
  • Faire une partie de Ninja dans chaque pays avec des personnes rencontrées.

To be continued…

Et merci….ou pas 🙂

Après nos expériences incroyables et nourrissantes en Bolivie, nous voulions passer retrouver Yoan, un ami à Anthony, à Florianopolis où il vit et pratique l’ostéopathie depuis près de 3 ans. C’est la première fois en 8 mois que nous partons dans un pays avec une date précise de sortie. Deux semaines donc pour s’accorder un moment de pause, de vacances dans le voyage.

L’occasion pour nous aussi de retrouver un peu de familiarité émotionnelle et expérientielle, de poser nos affaires dans un appartement cosy et retrouver le plaisir de cuisiner et de partager de long repas à discuter et refaire le monde, jouer aux cartes, se raconter nos vies et s’étonner des richesses de cette vie, du pouvoir de l’humain, de la force des éléments. Un moment pour pauser l’énergie et faire un point d’étape pour lancer une nouvelle dynamique dans notre voyage et se préparer à vivre sa seconde moitié.

La familiarité avec la France se retrouve assez rapidement, lors d’un covoiturage de plus de 11h pour rallier Sao Paulo à Florianopolis, soit une infime partie du pays qui correspond chez nous à aller de Nice à Dunkerque…Des Carrefours, des Decathlon, des Leroy Merlin sur le chemin, une vraie autoroute, Blablacar. Un gout de chez nous dans un cadre exotique. Le conducteur est en fait un Uber déguisé qui fait le trajet avec sa voiture GPL pour gagner de l’argent et livrer des colis. 11h d’un même CD qui tourne en boucle, de conduite approximative et de barrière de la langue difficile à franchir. Nous prenons le pont pour rejoindre l’île et Yoan, devant chez lui, nous accueille avec sa chaleur naturelle. Nous voilà à la maison.

Nous découvrons assez rapidement sa vie ici, sur ce coin de paradis envié par tous les Brésiliens qui viennent ici pour se ressourcer pendant les vacances. Un tour en centre-ville pour assister à un concert de Samba, découvrir une spécialité culinaire brésilienne, la feijoada, et ressentir l’alternative politique des gens de l’île : « Fora Bolsonaro » scandé entre deux musiques et inscrits sur les tee-shirts et les masques. Si l’ile est gouvernée par une politique de droite, conservatrice, les mentalités de Floripa apparaissent pourtant libres et ouvertes.

Une caïpirinha piment-fraise à la main, on se laisse emporter doucement par l’énergie du chanteur italien et celle d’un vieillard qui lance les premiers pas. Vêtu d’un beau chapeau, d’un superbe veston rouge et de chaussures blanches et bien vernies, il nous dit que les gens l’appellent le « sozinho », soit « le petit tout seul » avant de nous montrer son masque favori qu’il garde dans sa poche pour ne pas le salir. Il en porte un autre mais nous devinons tout de même son beau sourire, heureux d’être là, de danser sur les rythmes qu’il aime et d’être admiré par tout ces gens attablés. Très vite, ils seront nombreux à se lever pour danser avec lui dans cette rue étroite, les cinquantenaires perchées sur des talons aiguilles, les jeunes bohèmes, les anti-bolso…

Pour nous imprégner plus facilement dans cette douceur de vivre florianopolitana, nous avions loué un petit scooter. Notre bolide a ainsi pu nous transporter presque chaque jour dans une salle de squash, de quoi nous rappeler une fois de plus la maison. C’est en sortant de notre 2ème séance, sur le parking, que l’on tombe nez-à-nez avec une bande de ouistitis ! Premier contact avec la nature brésilienne !

Cela fait plus de 8 mois que nous voyageons dans l’hémisphère sud et il faut accepter que les saisons, moins contrastées que chez nous, changent elles-aussi. Dés qu’il fait beau, nous en profitons pour aller explorer l’île, tantôt au Sud, tantôt au Nord. Nous traversons les villages de pêcheurs et ceux des surfers, les petites favelas et les quartiers des gens fortunés, de grandes étendues de sable fin animées par les vagues et de petites plages en galets donnant l’impression d’un bord de lac. Tout comme le rythme de notre deux-roues, les choses semblent se passer dans une parfaite tranquillité sur l’île. Alors on regarde les gens faire : il y a ceux qui vident les filets remplis de quelques tainhas, il y a les petits et les grands qui profitent du moindre courant d’air pour faire voler un bout de papier accroché à une ficelle, il y a celles qui font dribler le ballon avant de le refaire passer, il y a les vieux qui jouent à un jeu de boules ressemblant à la pétanque sur une fine bande de sable oubliée par la mer…

Les sentiers de randonnée que nous empruntons sont à l’image de la philosophie florianopolitana : elles font progresser en douceur, nous offrent des spots privilégiés appelant à la contemplation et à la respiration, nous rend humbles face à l’immensité des forêts et de l’océan, nous amusent avec ses passages atrophiés, caillouteux, glissants, nous récompensent avec ses vagues revigorantes et ses vues de caractère…

Lorsque nous retournons sur les plages aux abords des villages, nous sommes impressionnés par l’activité principale des habitants : le sport. Ils courent, ils surfent, ils skatent, ils dansent, ils font du foot, du beach-volley, de la musculation à se qu’ils appellent l’academia. Nous avons également découvert le beach-tennis en nous rendant au tournoi auquel participait Yoan. En plus de l’encourager, nous avons pu admirer le panel de profils différents se rencontrant dans la compétition : des ados, des plus âgés et des biens plus âgés, des hommes et des femmes, des musclés et des un peu moins musclés, des petits et des grands… Chacun semble avoir une force et des atouts pour se défendre. L’ambiance du tournoi et les actions de matchs ont rendu facilement compréhensible cet engouement national mais aussi mondial pour ce sport.  

L’attrait pour le sport en général chez les habitants de Floripa vient probablement pardonner leur alimentation qui a tendance à être très riche et en très grande quantité. Grâce à nos hôtes, nous avons adoré déguster le caldo de cana, les pastéis aux crevettes, les crêpes au tapioca, la paçoquinha… mais il nous restait un défi culinaire : le churrasco. Véritable institution dans plusieurs pays d’Amérique du Sud et au Portugal, nous avions réussi à éviter les grillades en Bolivie étant tous deux de plus en plus difficile avec la viande et d’autant plus durant le voyage. Ici, tous les habitants sont dotés d’un barbecue, parfois même à l’intérieur de la maison ! Toute l’année, les Brésiliens dégustent leurs viandes, principalement du porc, plusieurs fois par semaine. C’est chez Yurri, un ami de Yoan et Viviane, sa lumineuse et hyperactive chérie, qu’on a tenté l’expérience. En entrant dans la maison atypique, on constate que les braises sont déjà chaudes dans le four en pierre. De gros morceaux de viande entourés de gras n’attendent que de se faire rôtir. Un peu de sel et un peu de patience suffiront pour nous faire saliver face aux fines tranches de bœuf couper par Yurri directement sur la table en bois en face des braises. On y ajoute un peu de sauce piquante tout en alternant avec un morceau de pain au fromage lui aussi retiré du feu et nous ne pouvons que nous réconcilier avec la viande ! Un moment de convivialité qui nous réconforte dans notre frustration de ne pas pouvoir communiquer comme on le souhaiterai avec les Brésiliens rencontrés.

La grande majorité ne parle ni espagnol, ni anglais… et encore moins français. Bien qu’ils nous disent souvent pouvoir comprendre l’espagnol, ils ne peuvent pas nous répondre dans la même langue ! Nous nous amusons à comparer le portugais à l’espagnol et au français et à retenir des mots ou des expressions mais rien ne nous permettant d’avoir une conversation fluide et poussée. On se retrouve alors dans des soirées à regarder les gens parler, surement bizarrement d’ailleurs parce qu’on se concentre sur les mots que l’on pourrait reconnaitre, on sourit un peu bêtement, on trinque, on colporte nos énergies et on observe et écoute plus que l’on parle.

Deux semaines donc où l’on avait planifié des choses que nous ne ferons finalement pas tellement le temps et l’énergie était orientés dans une direction différente : se laisser aller au rythme d’une île, portés par l’énergie et les vies de nos hôtes. Nous prendrons donc un cap différent de celui prévu, justement pour amorcer l’inconnu de notre seconde partie de voyage, augmentés de quelques discussions, inspirés par la nature et comme toujours porté par le plaisir simple de pas savoir vraiment où aller, sinon encore plus près de nos aspirations profondes et de nos chemins de vies.

Até logo

Antho & Cris

Pour découvrir nos plus belles photos, cliquez-ici !

27 mai 2021 – 11 juin 2021

Nous quittons notre terre sacrée avec Jacques pour rejoindre La Paz à nouveau et Copacabana, ville étape pour rentrer sur le lac Titicaca. 17h de bus sur une piste assez mal entretenue qui nous mènera de l’Amazonie à plus de 4000m. Le bus tangue de gauche à droite et nous laisse penser, bien trop souvent, qu’il pourrait se renverser à tout moment.

Nous arrivons donc à El Alto, le temps de rejoindre Ben, le français rencontré lors de la cérémonie à la Pachamama, pour manger un morceau et rencontrer ses deux amies françaises venant d’arriver et commençant leur voyage en Amérique du Sud. Nous sommes en voyage depuis maintenant plus de 8 mois et c’est drôle de voir à quel point notre énergie s’est modifiée depuis le début. Voyageurs confirmés, nous connaissons les codes, les façons de se connecter aux gens, la manière d’optimiser la découverte d’un lieu, de rentrer en profondeur avec les autres, de s’ouvrir encore plus à la diversité du monde. C’est justement les nouveaux, ceux qui commencent, qui nous renvoient cette image et c’est agréable de voir à quel point le voyage est comme une école, dans laquelle on s’initie pour se former et apprendre et on acquiert maturité, compétence et développement. La meilleure école, celle de la vie et du voyage ? La question reste ouverte….

Lire la suite

L’Ayahuasca était doucement rentrée dans nos conversations avec les autres, entre nous, avant de se faire une place dans notre liste des curiosités à explorer. Anthony avait déjà rencontré cette Plante Ancestrale lors de sa venue il y a 7 ans mais l’expérience restait une anecdote, or il savait qu’Elle avait autre chose à offrir qu’une simple expérience sensorielle et mystique… Nous ne voulions pas pour autant provoquer la rencontre alors nous avions décidé de La laisser venir à nous. C’est ainsi qu’en s’accordant un temps pour soi à Sucre, notre masseur nous parle d’Angela et Phillip, deux chamans qui proposent des cérémonies à Rurrenabaque, porte d’entrée de l’Amazonie bolivienne. Nous avions alors immédiatement pris contact afin de découvrir leur approche et ainsi d’organiser une retraite de 8 jours auprès d’eux. Un mois plus tard nous nous retrouvions à bord de ce petit avion qui nous a transporté en 40 minutes de La Paz à Rurrenabaque. 40 minutes pour survoler les impressionnants sommets des Andes enneigés qui laissent aussitôt place à la luxuriance de l’Amazonie, déchirée par l’imposant fleuve Beni. 40 minutes pour abandonner le froid sec des 4061m d’altitude et retrouver une chaleur moite à 274m. Un tuk-tuk nous accueille avec une pancarte à nos noms à la sortie de l’aéroport, qui se résume à une petite maison en bois. Nous traversons alors la ville remplis d’un sentiment inattendu mais si réconfortant de familiarité. Peut-être est-ce dû aux similitudes avec Puerto Misahuali en Equateur et Santiago de Tolu en Colombie… ou peut-être qu’il s’agit de l’énergie qui se dégage de ce lieu. Le tricycle nous dépose dans une de ces rues sereines où Angela et Philip nous accueillent. Si mettre des visages sur des noms peut parfois donner une impression étrange, mettre des visages sur des chamans l’a également été. Nous faisons rapidement connaissance sans trop savoir ce qu’il faut garder pour le « vrai » début de la retraite ou non. Le ciel menaçant nous demande finalement de ne pas tarder à prendre la route pour éviter la pluie en chemin. A ce moment-là nous n’avions aucune idée du lieu ou de la localisation du centre de retraite mais cela importait peu, nous avions déjà décidé d’accorder notre totale confiance à ces deux chamans. Nous les avons donc suivis au port où nous avons embarqué pour nous laisser transporter une dizaine de minutes le long du fleuve couleur café.

Lire la suite