Nous quittons notre terre sacrée avec Jacques pour rejoindre La Paz à nouveau et Copacabana, ville étape pour rentrer sur le lac Titicaca. 17h de bus sur une piste assez mal entretenue qui nous mènera de l’Amazonie à plus de 4000m. Le bus tangue de gauche à droite et nous laisse penser, bien trop souvent, qu’il pourrait se renverser à tout moment.

Nous arrivons donc à El Alto, le temps de rejoindre Ben, le français rencontré lors de la cérémonie à la Pachamama, pour manger un morceau et rencontrer ses deux amies françaises venant d’arriver et commençant leur voyage en Amérique du Sud. Nous sommes en voyage depuis maintenant plus de 8 mois et c’est drôle de voir à quel point notre énergie s’est modifiée depuis le début. Voyageurs confirmés, nous connaissons les codes, les façons de se connecter aux gens, la manière d’optimiser la découverte d’un lieu, de rentrer en profondeur avec les autres, de s’ouvrir encore plus à la diversité du monde. C’est justement les nouveaux, ceux qui commencent, qui nous renvoient cette image et c’est agréable de voir à quel point le voyage est comme une école, dans laquelle on s’initie pour se former et apprendre et on acquiert maturité, compétence et développement. La meilleure école, celle de la vie et du voyage ? La question reste ouverte….

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L’Ayahuasca était doucement rentrée dans nos conversations avec les autres, entre nous, avant de se faire une place dans notre liste des curiosités à explorer. Anthony avait déjà rencontré cette Plante Ancestrale lors de sa venue il y a 7 ans mais l’expérience restait une anecdote, or il savait qu’Elle avait autre chose à offrir qu’une simple expérience sensorielle et mystique… Nous ne voulions pas pour autant provoquer la rencontre alors nous avions décidé de La laisser venir à nous. C’est ainsi qu’en s’accordant un temps pour soi à Sucre, notre masseur nous parle d’Angela et Phillip, deux chamans qui proposent des cérémonies à Rurrenabaque, porte d’entrée de l’Amazonie bolivienne. Nous avions alors immédiatement pris contact afin de découvrir leur approche et ainsi d’organiser une retraite de 8 jours auprès d’eux. Un mois plus tard nous nous retrouvions à bord de ce petit avion qui nous a transporté en 40 minutes de La Paz à Rurrenabaque. 40 minutes pour survoler les impressionnants sommets des Andes enneigés qui laissent aussitôt place à la luxuriance de l’Amazonie, déchirée par l’imposant fleuve Beni. 40 minutes pour abandonner le froid sec des 4061m d’altitude et retrouver une chaleur moite à 274m. Un tuk-tuk nous accueille avec une pancarte à nos noms à la sortie de l’aéroport, qui se résume à une petite maison en bois. Nous traversons alors la ville remplis d’un sentiment inattendu mais si réconfortant de familiarité. Peut-être est-ce dû aux similitudes avec Puerto Misahuali en Equateur et Santiago de Tolu en Colombie… ou peut-être qu’il s’agit de l’énergie qui se dégage de ce lieu. Le tricycle nous dépose dans une de ces rues sereines où Angela et Philip nous accueillent. Si mettre des visages sur des noms peut parfois donner une impression étrange, mettre des visages sur des chamans l’a également été. Nous faisons rapidement connaissance sans trop savoir ce qu’il faut garder pour le « vrai » début de la retraite ou non. Le ciel menaçant nous demande finalement de ne pas tarder à prendre la route pour éviter la pluie en chemin. A ce moment-là nous n’avions aucune idée du lieu ou de la localisation du centre de retraite mais cela importait peu, nous avions déjà décidé d’accorder notre totale confiance à ces deux chamans. Nous les avons donc suivis au port où nous avons embarqué pour nous laisser transporter une dizaine de minutes le long du fleuve couleur café.

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Nous nous retrouvons à Cochabamba pour pouvoir rejoindre notre troisième volontariat du voyage. Cette fois-ci nous décidons de rejoindre une ferme conçue selon les principes du bio-dynamisme et par conséquent de la permaculture.

Nous arrivons sur les plaines de Sipi-Sipi et découvrons notre lieu de résidence pour presque deux semaines. Un domaine de 1 hectare habité par Monica, Jonathan et leur 4 fils, 2 chiens, 1 chat, 4 lamas, 1 tortue, des dizaines de lapins, 2 chèvres et des centaines de poissons. Une maison à destination des volontaires et personnes de passage sur le site, une autre pour les garçons et leur autonomie et la dernière pour les parents. Ce lieu assez magique accueille aussi fréquemment des rassemblements de jeunes qui viennent pour se ressourcer et monter des camps type « scout ».

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Cette fois le long trajet en bus pour rejoindre la ville d’Uyuni se fait de jour, de quoi profiter des paysages qui défilent. En prenant de l’altitude (nous avons atteint les 5000m…) nous observons les couleurs et les formes changer sans même se répéter et nous nous amusons des panneaux qui signalent la présence potentielle de lamas sur la voie. Si nous nous serions bien volontiers arrêtés pour photographier ces animaux emblématiques, les voitures et camions, eux, ne ralentissent pas et se contentent de les klaxonner s’ils se trouvent sur leur route.

C’est donc dans l’après-midi que nous arrivons à Uyuni. Cette ville à 3663m d’altitude a des airs d’un décors de Star Wars avec ses maisons basses alignées dans les rues quadrillées, plantées là au milieu du désert. Alors que nous attendons nos sacs entreposés dans la soute du bus, nous regardons les cholas sortir de cette dernière des cercueils dotés d’une petite fenêtre au niveau de la tête du futur cadavre. De quoi alimenter cette atmosphère qui ne répond à aucune notion d’espace ou de temps.

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Ce samedi-là, nous déambulons dans les rues de Santa Cruz de la Sierra animés par l’énergie procurée par l’arrivée dans un nouveau pays mais aussi quelque peu interrogateurs. La ville la plus peuplée de Bolivie, avec ses 2,3 millions d’habitants, semble avoir été désertée, les commerces abandonnés et seules les voies principales sont bitumées. On nous explique que depuis le COVID-19, les commerçants qui n’ont pas mis la clé sous la porte se sont résous à limiter leurs jours d’ouverture. Nous profitons de cette journée pour réaliser les quelques courses que nous avons à faire car le lendemain, en raison des élections des gouverneurs du pays, il sera formellement interdit aux habitants de circuler dans les rues, si ce n’est pour aller voter.

Nous restons un moment posés sur la place centrale, où les locaux se retrouvent en famille ou entre amis dans un calme auquel nous n’étions plus habitués. Pas de musique qui sort d’enceintes disproportionnées, pas de racoleurs ou de vendeurs surexcités. Les adultes discutent pendant que les enfants rient doucement un ballon dans une main, une glace dans l’autre. De quoi savourer le chant des perruches et autres oiseaux exotiques qui ont élu domicile dans le parc.

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